Après quelques jours d’acclimatation à la chaleur et dans l’agitation de la capitale du pays du sourire, nous louons une voiture pour prendre la direction du sud de la Thaïlande, avec pour objectif de rejoindre Koh Samui et retrouver nos amis qui vivent là-bas.
Première étape : sortir de cette ville tentaculaire (11 millions d’habitants, étendue sur plus de 1 500 km², soit 15 fois la superficie de Paris intra-muros), en roulant à gauche, au milieu de conducteurs disons… assez libres ! Ça double à droite, à gauche, ça zigzague… mais tout ça dans une ambiance plutôt détendue. Fabien s’adapte très vite et adopte rapidement le même rythme !
Il nous faut pas loin de deux heures pour sortir de la ville et de ses bouchons (d’autant que le métro vient tout juste de rouvrir suite au tremblement de terre en Birmanie, ressenti jusqu’à Bangkok, qui a causé pas mal de dégâts et malheureusement fait des victimes).
Nous commençons ensuite à découvrir la campagne thaïlandaise, et rejoignons Damnoen Saduak et son célèbre marché flottant. Petit tour au milieu des innombrables touristes. Ce n’est pas notre tasse de thé, mais nous voulions le faire découvrir aux filles, et c’est l’un des seuls marchés flottants ouverts en semaine dans la région.
Même si l’expérience n’est pas désagréable, difficile d’y retrouver le charme d’il y a une vingtaine d’années…
Nous reprenons la route, et après une halte rapide à Phetchaburi pour visiter un temple et saluer les singes qui y ont élu domicile, nous rejoignons notre hébergement pour deux nuits : une tente de luxe bordant un refuge pour animaux en péril, dont des éléphants ! Oui, rien que ça.
L’expérience est unique : en pleine nature, lorsque le soleil se couche, c’est l’autre monde qui se réveille. Les bruits, les cris d’animaux et d’insectes, parfois un peu flippants ! Kessy se pelotonne entre nous pour dormir plus sereinement.
Fabien est promu responsable de la sécurité familiale : mission inspection des toilettes et de la salle de bain (en plein air, évidemment) avant chaque passage ! Étonnamment, il y a très peu d’insectes, ce qui rassure grandement Kessy et Muriel.
Mais tout cela est largement récompensé au réveil… quand des éléphants sont là, juste au pied de notre tente. Magique.
Nous visitons le refuge, qui recueille près de 200 animaux de plus de 60 espèces différentes. Ours, singes, tigres, éléphants… tous sauvés de l’exploitation humaine ou touristique. C’est beau et triste à la fois. Et plus tard, nous verrons malheureusement de nos propres yeux ce qu’ils ont vécu : serpents et singes à moitié endormis pour que les touristes puissent poser avec eux, éléphants enchaînés attendant leur tour pour les balades.
Après cette escale hors du commun, nous poursuivons notre route et faisons une pause à Baan Krut, un petit village en bord de mer, côté est, sur le golfe de Thaïlande. L’endroit est désertique, à part quelques touristes thaïlandais. Deux jours tranquilles, entre piscine, temple local et marché de nuit.
Et là, au milieu des innombrables stands de nourriture… des pizzas ! Stand tenu par un couple franco-thaï. Résultat : on se régale. (Et ça change du riz sauté.)
Nous poursuivons vers le parc national de Khao Sok, l’un des joyaux naturels du pays. Il s’étend sur plus de 700 km² et abrite une forêt tropicale vieille de plusieurs millions d’années, plus ancienne encore que l’Amazonie. Le parc est surtout connu pour son lac spectaculaire, le Cheow Lan, aux eaux vert émeraude, bordé de falaises karstiques impressionnantes.
Ce lac n’est pas naturel : il a été créé en 1982 avec la construction du barrage Ratchaprapha, destiné à produire de l’électricité. En inondant une vaste vallée, le barrage a transformé le paysage en un décor de carte postale, avec ses îlots et ses pics calcaires qui émergent de l’eau turquoise.
Nous faisons une balade en bateau de deux heures sur ce lac incroyable. Les paysages rappellent la baie d’Halong au Vietnam, ou encore Yangshuo en Chine. Ces pitons calcaires couverts de végétation luxuriante font écho aux cours de SVT de Kayna : formations karstiques, érosion par l’eau, biodiversité des forêts tropicales humides… Ici, tout prend vie, bien loin des manuels scolaires.
Notre prochain arrêt : Khao Lak, sur la côte sud-ouest, à une centaine de kilomètres au nord de Phuket. Une région durement touchée par le tsunami du 26 décembre 2004, causé par un séisme sous-marin de magnitude 9,1 à 9,3 au large de Sumatra.
De nombreux mémoriaux et musées bordent la côte. C’est difficile d’imaginer que cette mer aujourd’hui calme ait pu se transformer en vagues de plus de 15 mètres, emportant tout sur leur passage, jusqu’à projeter un bateau à près de deux kilomètres à l’intérieur des terres.
Plus de 5 400 morts et disparus en Thaïlande, et au moins 250 000 au total. L’un des tsunamis les plus meurtriers de l’histoire. Ça donne le vertige. Et ça pousse à relativiser pas mal de choses…
À part ça, les paysages sont magnifiques. La région attire de nombreux touristes.
Nouvelle escale pizza (oui, encore !) dans un vrai resto italien cette fois, pour le plus grand bonheur de Kessy… et du reste de la famille.
Les fortes chaleurs et le taux d’humidité élevés nous découragent un peu côté visites. Les filles en profitent pour avancer leurs cours et compléter leurs carnets de voyage. Les grands trouvent le courage de faire une séance de course à pied dans la salle de sport (climatisée) de l’hôtel !
Avant de repartir, nous faisons une halte au centre de conservation des tortues et au mémorial du tsunami.
Puis, deux heures de route vers la côte est, à travers des paysages luxuriants. Pas âme qui vive… mis à part sûrement beaucoup d’animaux et d’insectes ! Je supplie Fabien de ne pas nous faire le coup de la panne : pas question de sortir de la voiture dans cet environnement…
Nous traversons d’immenses plantations de palmiers, apparemment liées à la culture de l’huile de palme.
Dernière nuit à côté du port de Donsak, et nous voilà prêts à embarquer sur le ferry pour Koh Samui et retrouver nos amis.
Au total, nous avons parcouru 1 200 km, découvert des paysages incroyables, croisé des scènes de vie locale. Des varans qui traversent la route, des plantations à perte de vue, et surtout ces vendeurs de fruits alignés sur le bord de l’autoroute.
Tous les vendeurs de mangues se suivent pendant un kilomètre, puis viennent ceux des bananes, puis les durians, les pastèques, les ananas… Le tout à des prix dérisoires : 10 bahts, soit moins de 30 centimes, pour un petit ananas bien juteux.
Malgré le temps passé sur la route, nous sommes ravis de cette expérience. Une belle parenthèse. Une Thaïlande authentique, loin des clichés. Et des souvenirs plein la tête.









































THE CARPENTRIP Mais où sont passés les Carpentier ?