À la découverte du nord du Japon

Nous voilà au pays du Soleil-Levant !

Après une première nuit à Tokyo, nous prenons le train en direction du nord de l’île principale.

Le Japon est un archipel composé de plus de 6 800 îles, dont les quatre principales sont Honshu, Hokkaido, Kyushu et Shikoku. Le pays s’étire du nord au sud sur près de 3 000 kilomètres.

Pour ce voyage, nous restons sur l’île d’Honshu, que nous explorons du nord au sud pour profiter de la floraison des cerisiers, plus tardive dans les régions septentrionales.

Le nord du Japon, notamment la région de Tohoku que nous visitons, offre une nature préservée, des montagnes enneigées, des sources chaudes (onsen) et une ambiance paisible.

Notre première énigme est d’arriver jusqu’à la grande gare de Tokyo ! Nous avions entendu dire que les Japonais parlaient peu anglais… c’est vrai ! Grâce à Google Traduction et au langage des signes, nous parvenons à nous débrouiller, mais cela prend un peu de temps !

Nous sommes aussi surpris par le calme ambiant : malgré la foule, chacun évolue dans un grand silence. Tout le monde semble chuchoter dans les lieux publics… Et cette propreté ! Pas un seul déchet au sol, alors qu’il n’y a pratiquement aucune poubelle dans les rues : chacun ramène ses détritus chez soi.

Nous prenons aussi l’habitude de faire la queue bien sagement (enfin… à peu près, en bons Français que nous sommes ! Nous sommes plutôt un tas de 4 personnes avec tous nos bagages, qu’une jolie ligne !). 

Notre découverte commence par Sendai, la plus grande ville de la région de Tohoku.

Nous y retrouvons l’image du Japon que nous avions en tête : des centres commerciaux de dix étages remplis de gadgets en tout genre (pour le plus grand plaisir des filles !) et des parcs fleuris où les Japonais se détendent en famille autour d’un pique-nique. L’ambiance est très agréable !

Nous profitons de deux belles journées pour explorer la région :

• La baie de Matsushima, classée parmi les trois plus belles vues du Japon, est parsemée de plus de 260 petites îles recouvertes de pins qui semblent flotter sur l’eau. Ces formations naturelles ont été sculptées par l’érosion au fil des millénaires. Nous faisons un tour en bateau, puis grimpons jusqu’à un parc perché, d’où la vue sur les cerisiers en fleurs et la baie est tout simplement magique.

• Le temple Yamadera, “le temple de la montagne”, est niché dans une forêt paisible. Il faut gravir plus de mille marches taillées dans la pierre pour y accéder. La montée, bordée de grands arbres, est empreinte de calme et de spiritualité. Ce lieu sacré, vieux de plus de mille ans, invite à la contemplation… et à un petit effort physique, bien récompensé par un plat de nouilles soba, la spécialité locale !

Nous découvrons aussi une jolie exposition consacrée à l’artiste japonais Lito. À partir de simples feuilles d’arbre, il crée de véritables chefs-d’œuvre en découpant à la main des scènes d’une finesse incroyable : paysages traditionnels, animaux, silhouettes humaines ou motifs inspirés du folklore japonais. Une fois mises en valeur sur un fond uni, ses œuvres révèlent toute la précision et la délicatesse de son travail, jouant avec les ombres et la transparence pour faire surgir des mondes entiers dans un simple fragment de nature.

Plus au nord encore, Aomori marque presque l’extrémité de l’île d’Honshu. Cette ville portuaire, entourée de montagnes et bordée par l’océan, est réputée pour ses pommes (nous dégustons d’ailleurs de bonnes crêpes avec jus de pomme et cidre !), ses paysages ruraux, mais aussi pour son célèbre festival d’été : le Nebuta Matsuri.

Ce festival haut en couleur met à l’honneur d’immenses chars illuminés représentant des guerriers, des créatures mythologiques ou des figures du folklore japonais.

Nous visitons le musée dédié à cette fête spectaculaire. On y découvre l’histoire, les techniques de fabrication et plusieurs chars utilisés lors des éditions précédentes, tous plus impressionnants les uns que les autres. Ces nebuta sont faits de papier washi coloré tendu sur des structures en fil de fer. Ils peuvent mesurer jusqu’à 9 mètres de large, 5 mètres de haut et peser entre 4 et 5 tonnes ! Il faut une trentaine de personnes pour les déplacer dans les rues, au son des tambours, des flûtes et des danseurs en costume traditionnel. Un moment fort de la culture japonaise.

Le climat y est rude, avec des hivers longs et très neigeux. Aomori serait même la ville la plus enneigée au monde, avec plus de 8 mètres de neige chaque saison !

Nous n’en verrons pas autant, mais après avoir récupéré notre voiture de location, nous rejoignons un ryokan, hébergement traditionnel situé dans une station de ski… encore ouverte !

Nous sommes à Hakkoda, à 660 mètres d’altitude. Il reste encore 60 cm de neige, et le téléphérique monte jusqu’à 1 400 mètres, où 1,50 mètre de neige est annoncé ! Une belle piste de plus de 5kms rejoint la station, c’est tentant !!!

Malheureusement, la météo ne nous gâte pas : le vent fort empêche le téléphérique de fonctionner et la pluie glaciale ne nous encourage pas à explorer davantage. Nous restons bien au chaud à faire l’école, avancer les carnets de voyage… et la déclaration d’impôts !

La journée s’écoule tranquillement, assis sur les tatamis ou allongés sur nos matelas durs posés au sol… un confort local qui reste à apprivoiser !

Nous profitons également des fameux onsen, ces bains chauds naturels qui font partie intégrante de la culture japonaise. Alimentées par l’activité volcanique, ces eaux riches en minéraux sont réputées pour leurs vertus bienfaisantes.

Avant de se baigner, il faut suivre un rituel précis : nous enfilons nos peignoirs fins, en tissu léger, accompagnés des fameuses tongs… Le style est discutable, mais typique !

Une fois dans le vestiaire, nous laissons toutes nos affaires (oui, vraiment toutes !) et gardons seulement une mini-serviette.

Assis sur un petit tabouret avec une bassine, nous nous lavons soigneusement, puis seulement après ce passage obligé, nous pouvons accéder au bain.

Le calme est absolu, chacun se détend en silence. Et la mini-serviette ? Interdiction de la tremper : on la pose sur la tête ! Cela évite qu’elle se mouille, aide à réguler la température, et, selon certaines croyances, maintient l’harmonie entre le corps et l’esprit. Une sacrée expérience, à vivre au moins une fois !

La veille, sous un ciel radieux, nous avons découvert Hirosaki pour assister au festival des cerisiers en fleurs, dans le parc du château.

Une heure de route à bord de notre kei car, petite voiture japonaise par excellence ! Elle ne mesure que 3,40 mètres de long, 1,48 mètre de large et 2 mètres de haut. Son moteur de 660 cm³ rugit comme une tondeuse à gazon, surtout dans les montées. Pied au plancher, Fabien peine à dépasser les 60 km/h !

Mais les jardins du château sont sublimes. Des centaines de cerisiers en fleurs bordent les allées, et nous enchaînons les photos (plus de 700 dans la journée !).

Les sakura, emblèmes de la beauté éphémère, sont bien à la hauteur de leur réputation. Le spectacle est saisissant.

Après cette première semaine dans le nord du Japon, nous prenons maintenant la direction de Kyoto !

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